Libertés individuelles et santé : jusqu’où peut-on aller ?

 

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Journal de DGEMC

Avec Cléa & Kélia

INTRO — Mélia

Mélia
« Bonjour à toutes et à tous.
Aujourd’hui, nous allons explorer une question essentielle et parfois explosive :
peut-on limiter les libertés individuelles pour protéger la santé publique ?

C’est un débat ancien, ravivé par les crises sanitaires, et qui touche directement notre vision de la liberté.
Pour en parler, j’accueille Cléa et Kélia, qui ont travaillé ensemble sur ce sujet complexe.
Bonjour à vous deux. »

CLÉA & KÉLIA
« Bonjour. »

Mélia
« On commence par la base : qu’appelle-t-on “libertés individuelles”, et pourquoi la santé publique peut-elle les remettre en cause ? »


Qu’est-ce que les libertés individuelles ?

KÉLIA

« Selon le Larousse, les libertés individuelles sont l’ensemble des droits reconnus à chaque individu, quels que soient son pays, son origine sociale, son genre ou sa religion.
Cela inclut la liberté d’expression, la liberté de conscience, ou encore la liberté de choisir son métier.

Mais notre question, c’est :
jusqu’où peut-on restreindre ces libertés au nom de la santé publique ?
Limiter la liberté pour protéger la majorité ?
Ou défendre coûte que coûte la liberté individuelle, même si cela met en danger les plus fragiles ? »


Que dit la loi ?

CLÉA

« Une loi fondamentale existe : celle du 23 mai 1949, qui affirme que la liberté de la personne ne peut être restreinte qu’en vertu d’une loi formelle et dans le respect des formes prescrites.
Autrement dit :
on peut limiter une liberté, mais uniquement si la loi l’encadre strictement, et pour garantir la sûreté ou l’ordre public. »

Mélia
« Donc oui, la loi peut limiter une liberté — mais pas n’importe comment. »


Des restrictions nécessaires… et acceptées

KÉLIA
« Dans certains cas, les restrictions sont légitimes.
Par exemple en médecine :

  • le port de la blouse stérile,
  • la désinfection des mains,
  • les protocoles anti-infection.

Ces obligations visent à protéger les patients, et sont encadrées par l’article R4312-37 du Code de la santé publique.
Aujourd’hui, cela nous paraît normal. »

CLÉA

« Mais autrefois, ce n’était pas du tout évident.
Au XVIIIᵉ siècle, les instruments n’étaient pas stérilisés, on les essuyait avec un simple chiffon.
Beaucoup de médecins refusaient qu’on limite leur liberté au nom de l’hygiène. »

Mélia
« On voit que certaines restrictions, autrefois contestées, sont devenues évidentes. »


Mais toutes les restrictions ne sont pas légitimes : l’exemple de l’eugénisme

KÉLIA

« L’histoire montre aussi des dérives très graves.
Aux États-Unis, plus de 60 000 personnes ont été stérilisées de force dans 32 États au XXᵉ siècle, sur des critères de prétendue “faiblesse d’esprit”.
Cela visait :

  • des personnes handicapées,
  • des immigrés,
  • des femmes pauvres,
  • puis des minorités raciales.

Présentée comme un “soin”, cette politique était en réalité un outil de contrôle social et racial.
Et elle était pourtant inscrite dans la loi, comme celle de 1907 dans l’Indiana.

Cela montre que :
le fait qu’une restriction soit légale ne garantit pas qu’elle soit juste. »

Mélia
« Exactement : une restriction peut être encadrée… et pourtant profondément injuste. »


Restrictions récentes : la pandémie de Covid-19

CLÉA
« Pendant la pandémie, plusieurs mesures ont limité des libertés :

  • le pass sanitaire,
  • l’obligation vaccinale pour certains professionnels,
  • la limitation des déplacements,
  • l’interdiction des rassemblements.

Toutes ces mesures étaient encadrées par l’article L.3131-12 du Code de la santé publique, introduit en mars 2020. »

KÉLIA
« Mais, comme on l’a dit précédemment :
être encadré par la loi ne suffit pas à garantir la légitimité.

Certaines personnes ont estimé que ces restrictions étaient indispensables pour sauver des vies,
tandis que d’autres les ont jugées disproportionnées.
Cela montre bien la fragilité de l’équilibre entre santé publique et libertés individuelles. »

Mélia
« Avec cet exemple récent, on voit que même dans les sociétés démocratiques, les restrictions de liberté peuvent être justifiées… ou fortement contestées.
Et que tout dépend :

  • de leur nécessité,
  • de leur proportionnalité,
  • et de leur impact réel sur la population.

On arrive donc à la question clé : comment trouver l’équilibre ? »


CONCLUSION — Ensemble

CLÉA
« Certaines restrictions de liberté sont essentielles pour protéger la santé de tous. »

KÉLIA
« Mais d’autres peuvent dériver, discriminer, ou aller contre le bien-être individuel.
C’est pour ça que la vigilance est indispensable. »

Mélia
« Et surtout, retenir ceci :
une restriction peut être légale… sans être légitime.

Merci Cléa, merci Kélia, pour cette analyse claire et rigoureuse.
Et merci à vous, chers auditeurs.
À bientôt pour un nouvel épisode. »

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