Le droit de l’environnement doit-il devenir un droit constitutionnel ?

 

Photo JuergenPM / Pixabay


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Journal de DGEMC

Animatrice : Emy

Invitées : Clotilde et Lucie


Emy — Introduction

« Huitième temps de La Matinale des Droits & Libertés.
On va maintenant parler d’un enjeu devenu central :

Le droit de l’environnement doit-il être inscrit dans la Constitution ?

Entre réchauffement climatique, pollution et disparition des espèces, certains estiment qu’un simple cadre législatif ne suffit plus.
Pour en discuter, j’accueille Cléa et Kélia, qui ont travaillé ensemble sur ce sujet.
Merci d’être avec nous. »


Cléa et Kélia

« Merci. »


Un droit encore absent de la Constitution

Mélia

« Première question : où en est aujourd’hui le droit environnemental ?
Cléa, vous commencez. »

Cléa 

« En France, il existe la Charte de l’environnement de 2004, rattachée au Préambule de la Constitution.
Elle affirme que chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et favorable à la santé.

Mais cette Charte reste surtout symbolique.
Elle n’impose pas d’obligations vraiment contraignantes à l’État ou aux entreprises.

Et surtout, la Constitution de 1958 ne parle pas explicitement de la protection de l’environnement.
C’est un vrai manque. »


Des lois existent… mais elles restent insuffisantes

Emy

« Kélia, vous avez travaillé sur les lois déjà en place. Sont-elles suffisantes ? »

Kélia

« Il existe des lois importantes :
– la loi de 1976 sur la protection de la nature,
– la loi de 1979 sur les déchets,
– la création du Code de l’environnement en 2000.

Mais ces lois sont souvent réactives : elles arrivent après les crises, sans vision d’ensemble.
Et comme elles n’ont pas de base constitutionnelle solide, elles restent fragiles face aux intérêts économiques ou politiques. »


Vers une reconnaissance constitutionnelle ?

Emy

« En 2021, un débat a justement émergé sur ce sujet.
Kélia, qu’est-ce qui a relancé cette idée ? »

Cléa

« L’initiative venait du président Emmanuel Macron, après les propositions de la Convention citoyenne pour le climat.
Il a suggéré d’inscrire la protection de l’environnement dans l’article 1ᵉʳ de la Constitution.

La réforme n’a finalement pas abouti.
Mais elle a montré un tournant politique : 
considérer l’environnement comme un droit fondamental, aussi important que la liberté ou l’égalité. »


Pourquoi faudrait-il un droit constitutionnel ?

Emy

« Cléa, dans votre travail, vous expliquez pourquoi cela pourrait être nécessaire. »

Kélia

« Pour trois raisons :

  1. Protéger les générations futures en rendant les États juridiquement responsables.
  2. Renforcer l’obligation d’agir, avec des objectifs contraignants, pas seulement déclaratifs.
  3. Donner une visibilité constitutionnelle à la crise écologique, montrer que c’est une priorité nationale. »


Mais certains craignent une judiciarisation excessive

Emy

« Cléa, vous évoquez aussi des inquiétudes. Lesquelles ? »


Cléa 

« Certains craignent que si l’environnement devient un droit constitutionnel, les juges aient un rôle trop important dans les décisions politiques.

D’autres pensent que cela pourrait bloquer des projets, ou ralentir des décisions économiques.

Mais l’inverse est vrai aussi : sans cadre fort, comment espérer une action efficace ? »


Conclusion — Emy

« Merci Cléa, merci Kélia.
Ce que nous retenons dans ce huitième temps de la Matinale, c’est que :

— le droit français protège l’environnement… mais de façon partielle et fragile ;
— l’idée d’un droit constitutionnel serait une avancée majeure, à la fois juridique et symbolique ;
— et que le débat reste ouvert :
faut-il donner à l’environnement le même poids que les libertés fondamentales ?

On se retrouve juste après pour la suite de La Matinale des Droits & Libertés. »


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