Internet renforce-t-il les stéréotypes de genre ?

 

Photo Bessi / Pixabay


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Journal de DGEMC

Avec Amal

INTRO — Mélia

Co-animatrices : Émy & Mélia

Invitée : Amal


Mélia — Introduction

« Douzième temps de La Matinale des Droits & Libertés.
Aujourd’hui, un sujet brûlant, omniprésent dans la vie des jeunes — et dans nos vies à tous : 
Internet renforce-t-il les stéréotypes de genre ?

C’est un thème qui touche à la fois la sociologie, la psychologie, le droit et nos usages quotidiens.
Et pour nous éclairer, on reçoit Amal, qui a travaillé seule sur ce dossier, avec beaucoup de rigueur et d’exemples très parlants.

Amal, merci d’être avec nous. »

Amal

« Merci, je suis ravie d’être là. »


Internet : espace de liberté… ou miroir des inégalités ?

Émy

« Amal, vous commencez votre travail par une idée forte : Internet n’invente pas les stéréotypes de genre, mais il les reflète — et parfois les renforce.
Pourquoi ? »

Amal

« Internet donne l’impression d’être un espace libre, ouvert, où chacun peut s’exprimer.
Mais en réalité, il reproduit les biais de la société : ce qu’on pense des femmes et des hommes hors-ligne, on le retrouve en ligne.

Par exemple, sur les réseaux, beaucoup d’influenceuses sont associées à la beauté, la mode, la maternité…
Tandis que les hommes dominent les contenus sur le sport, la technologie ou l’économie.

Ce ne sont pas des règles écrites, mais des habitudes de consommation qui renforcent les clichés. »


Le rôle des algorithmes : amplifier ce qui fonctionne

Mélia

« Et vous insistez sur le rôle des algorithmes.
Qu’est-ce qu’ils changent ? »

Amal

« Les algorithmes veulent capter l’attention.
Ils mettent en avant les contenus qui marchent le mieux.
Et comme les stéréotypes de genre sont très populaires, ils sont très visibles.

Résultat :

  • les mêmes images reviennent en boucle,
  • les mêmes attentes genrées,
  • les mêmes modèles masculins et féminins.

Ce n’est pas volontaire, mais ça amplifie les clichés déjà existants. »


Les effets sur les jeunes : normes, pression, santé mentale

Émy

« Vous donnez aussi des exemples très concrets des conséquences pour les jeunes. »

Amal

« Oui.
Sur Instagram ou TikTok, les filles voient énormément d’images valorisant la beauté, la minceur, la séduction…
Les garçons, eux, voient des modèles virils, sportifs, performants.

Cela peut entraîner :
– complexes,
– troubles alimentaires,
– harcèlement,
– pression à “être un vrai homme”,
– hypersexualisation des mineures.

Les réseaux font circuler des normes très fortes — souvent sans que les utilisateurs s’en rendent compte. »


Le droit : que dit la loi ?

Mélia

« Dans votre travail, vous rappelez que le droit tente de limiter ces dérives. Quelles sont les règles principales ? »

Amal

« En France, l’égalité entre les femmes et les hommes est inscrite dans la Constitution.
Et plusieurs lois encadrent les comportements sexistes en ligne :

  • loi du 3 août 2018 → crée le délit de harcèlement sexiste (y compris en ligne).
  • Digital Services Act (DSA) → impose aux plateformes de modérer efficacement les contenus illégaux.
  • Code pénal → sanctionne les injures sexistes, les menaces, le harcèlement.

En théorie, les plateformes doivent réagir.
En pratique… la modération est souvent trop lente, ou inégale. »


Internet : un espace d’émancipation aussi

Émy

« Vous terminez en montrant que tout n’est pas négatif : Internet peut aussi être un outil de lutte et de libération. »

Amal

« Oui, complètement.
Internet diffuse des stéréotypes, mais il permet aussi de les combattre.

Par exemple :
– des créatrices comme Léna Situations ou Marion Seclin dénoncent publiquement le sexisme ;
– des mouvements sont nés en ligne :
• #MeToo (2017),
• #BalanceTonCorps,
• #BodyPositive,
• #MeTooInceste,
• #GirlSupportGirls ;
– les jeunes peuvent créer des communautés LGBTQ+, féministes, anti-discrimination.

Pour beaucoup de personnes, notamment les plus isolées, Internet devient un espace de soutien et de liberté. »


Conclusion

Mélia

« Si on résume votre travail, Amal : Internet n’invente pas les stéréotypes, mais il peut les amplifier. »

Émy

« Et pour que ça change, il faut :
– éduquer aux médias,
– apprendre à repérer les clichés,
– comprendre les algorithmes,
– développer l’esprit critique. »

Amal

« Oui. Internet peut reproduire le pire… mais aussi permettre le meilleur.
C’est à nous de choisir ce qu’on en fait. »


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