Faut-il instaurer un droit universel de l’enfant ?
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| Photo George 59 / Pixabay |
Animatrices : Émy & Mélia
Invités :
Serena & Liam
Émy —
Introduction
« Quatrième temps de La Matinale des Droits
& Libertés.
On aborde maintenant un sujet majeur, urgent même, qui dépasse les frontières :
Faut-il instaurer un droit universel de l’enfant, réellement contraignant et appliqué partout ?
Aujourd’hui encore, dans le monde, des millions
d’enfants sont privés d’école, exploités, mariés de force ou enrôlés dans des
conflits armés.
Pour comprendre ce qui pose problème — et ce qui pourrait changer — nous
recevons deux invités qui ont travaillé sur ce thème : Serena et Liam.
»
Serena & Liam
« Bonjour. »
Où en sont réellement les droits de l’enfant ?
Mélia
« Serena, vous commencez votre travail par un
constat : on a des textes, on a des déclarations internationales… mais est-ce
que les droits de l’enfant sont vraiment respectés ? »
Serena
« Pas vraiment.
La Convention internationale des droits de l’enfant, adoptée en 1989, protège
théoriquement :
– le droit à l’éducation,
– le droit à la santé,
– le droit à la protection,
– le droit à un environnement sûr.
Mais dans la réalité, beaucoup d’enfants n’en
bénéficient pas.
Ils continuent d’être victimes de travail forcé, de violences, de mariages
précoces, ou encore d’exploitation économique.
Il y a donc un écart entre les textes… et ce qui
se passe sur le terrain. »
Pourquoi certains demandent un droit vraiment universel ?
Émy
« Liam, dans votre article, vous expliquez que
certains militent pour un droit universel contraignant.
Qu’est-ce que ça changerait ? »
Liam
« L’idée d’un droit universel, ce serait que tous
les enfants du monde aient la même protection minimale garantie.
Par exemple :
– l’accès à l’école,
– la sécurité,
– des soins,
– la protection contre les violences,
– et l’interdiction de toute forme d’exploitation.
Aujourd’hui, chaque pays applique les droits
comme il veut.
Mais un droit vraiment universel obligerait les États à respecter ces règles,
avec des mécanismes de contrôle. »
Quels sont les obstacles ?
Mélia
« Alors évidemment, sur le papier, c’est
séduisant.
Mais dans la pratique, qu’est-ce qui bloque ? »
Serena
« Plusieurs choses.
D’abord, les différences culturelles : certains pays considèrent comme
“traditionnelles” des pratiques qui, pour nous, violent les droits de l’enfant.
Ensuite, la souveraineté des États : beaucoup n’acceptent pas qu’une
autorité internationale se mêle de leur politique interne.
Et puis il y a un problème de moyens :
certains pays n’ont pas les ressources nécessaires pour garantir les droits de
l’enfant. »
Peut-on malgré tout avancer ?
Émy
« Pourtant, dans votre travail, vous expliquez
qu’il existe des pistes d’amélioration.
Liam, lesquelles ? »
Liam
« Oui, même si c’est difficile, on peut avancer.
Par exemple en renforçant les organisations internationales qui surveillent le
respect des droits de l’enfant.
Ou en aidant financièrement les pays qui ont moins de ressources.
Et surtout, en créant des mécanismes d’évaluation
régulière, pour voir si les droits progressent réellement dans chaque pays.
»
Un droit universel suffirait-il ?
Mélia
« Dernière question : même si on parvenait à
créer un droit universel, est-ce que ce serait suffisant ? Serena ? »
Serena
« Non, pas suffisant.
Un texte universel serait une avancée, mais il doit s’accompagner :
– de contrôles,
– de sanctions possibles,
– de coopération internationale,
– et de la participation de ceux qui sont sur le terrain : les éducateurs, les
associations, les travailleurs sociaux, les familles… et même les enfants
eux-mêmes.
Sinon, on risque d’avoir un nouveau texte… qui ne
change pas vraiment les choses. »
Conclusion
« Merci beaucoup Serena, merci Liam.
On retient que les droits de l’enfant existent… mais sont loin d’être appliqués
partout. »
Mélia
« Et que l’idée d’un droit universel contraignant
pourrait changer les choses —
mais seulement si elle s’accompagne d’un vrai suivi et d’une coopération
internationale. »


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